Une ressource sous tension, un secteur en première ligne
L'été 2026 le rappelle avec force. L'eau est une ressource précieuse, vulnérable, et son accès de plus en plus exposé aux effets du changement climatique. Si elle constitue une ressource vitale, elle est également un facteur d’attractivité et le pilier de nombreuses activités touristiques. En France, le tourisme mobilise ainsi près de 335 millions de m³ d'eau par an, dont 59 % pour le seul hébergement.
En Nouvelle-Aquitaine, le tourisme représente 142 000 emplois et plus de 14,8 milliards € de dépenses directes chaque année pour notre région. Et ses activités (hébergements, campings, restauration, espaces verts, piscines, activités nautiques) dépendent directement de la disponibilité et de la qualité de la ressource en eau.
Alors que le plan national pour une gestion résiliente de l'eau vise une réduction de 10 % des prélèvements d'ici 2030, les acteurs du tourisme ne peuvent plus se limiter à des ajustements ponctuels. Pour Marion Oudenot-Piton, responsable du service Industrie des Loisirs et Innovation territoriale à ADI, « c'est le modèle économique du secteur qui est aujourd’hui interrogé, entre sobriété contrainte, responsabilité territoriale partagée et nouvelle attente sociétale. »
Des exemples inspirants en Nouvelle-Aquitaine
Antoine Mérigot, chargé de projet Eau et Transition Hydrique chez Soltena, explique que « des solutions d’adaptation existent et peuvent concilier attractivité touristique et préservation des ressources naturelles. Elles contribuent ainsi à sécuriser l’activité et à assurer sa continuité en période de sécheresse ». Cette situation n’est d’ailleurs pas uniquement une contrainte, mais également une opportunité d’innovation et d’adaptation, comme le montrent les bonnes pratiques déjà mises en œuvre :
- à Biarritz (64), où la ville a remplacé ses douches de plage par un mobilier hydro-économe développé par la société JuWin. Résultat : jusqu'à 80 % d'économie d'eau, sans dégrader le service proposé aux baigneurs !
- au Parc du Futuroscope (86), où la gestion de l'eau s'inscrit dans une stratégie environnementale globale. Le site vise une réduction de 30 % de sa consommation d'eau par visiteur, notamment grâce à la solution Toopi Organics qui valorise les urines en fertilisants agricoles. Résultat : plus de 2 000 m³ d'eau potable économisés par an !
Un groupe de travail Eau-Tourisme durable
Pour structurer et amplifier cette dynamique, ADI et Soltena annoncent la création d'un groupe de travail dédié Eau-Tourisme durable. Son objectif : accompagner les entreprises et les territoires de la filière touristique dans leur transition hydrique, en articulant diagnostic, solutions concrètes et mise en réseau des acteurs.
Cette initiative fait suite à l’atelier qu’ADI et Soltena ont animé lors des Rencontres Régionales du tourisme Durable qui se sont déroulées à Poitiers en mai dernier. Traduisant la convention de partenariat signée entre les deux organisations en 2025, elle s'appuie sur la complémentarité des deux expertises :
- à ADI, l'expertise en innovation territoriale et en accompagnement du tourisme durable ;
- à Soltena, cluster régional de l'économie circulaire et de la transition écologique, l'expertise opérationnelle sur les solutions eau et transition hydrique ainsi que son réseau d'entreprises spécialisées.