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Assemblée générale ADI 2026

Adhérents ADI

Économie circulaire

Industrie 5.0

ADI trace le cap des transformations régionales

Le 30 juin, l’Assemblée générale d’ADI a réuni adhérents et partenaires autour d’un temps fort dédié à l’industrie circulaire et au bilan 2025. Une édition marquée par des résultats solides et le lancement de la stratégie 2026-2028, plaçant décarbonation et économie circulaire au cœur de l’action.

Le 30 juin dernier, l’Assemblée générale d’ADI a réuni ses adhérents et partenaires autour d’un double temps fort : un échange inspirant sur l’industrie circulaire et le rendez-vous statutaire de la vie de l’Agence. L’occasion de revenir sur l’activité 2025, marquée par plus de 640 entreprises visitées, 112 événements organisés et 638 adhérents, mais aussi de partager le cap stratégique 2026-2028 : rediriger l’économie par l’innovation, avec deux priorités transversales, l’économie circulaire et la décarbonation. 

La conférence-table ronde « Cap sur l’industrie circulaire !» a donné le ton. Le Grand témoin, Grégory Richa, fondateur de VERTICAL et co-auteur de Pivoter vers une industrie circulaire, a insisté sur la nécessité d’expérimenter, de coopérer et de structurer de nouvelles chaînes de valeur. À ses côtés, Elisabeth Jolly pour Legrand France, Marc Péna pour le Groupe Péna, Éric Seinturier pour Safran Helicopter Engines et Olivier Civil pour Plaxtil / Essaimons ont partagé des retours d’expérience concrets, illustrant une industrie régionale déjà engagée dans la transformation.

    Assemblée générale ADI 2026
    © Sébastien Sindeu / ADI
    Assemblée générale ADI 2026
    © Sébastien Sindeu / ADI
    Assemblée générale ADI 2026
    © Sébastien Sindeu / ADI
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    Assemblée générale ADI 2026
    © Sébastien Sindeu / ADI
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    © Sébastien Sindeu / ADI
    • Christian Houel

      Dans un contexte marqué par des tensions inédites sur les ressources, une instabilité géopolitique durable et une pression accrue sur les chaînes d’approvisionnement, les modèles industriels sont aujourd’hui appelés à se transformer en profondeur.

      Plus que jamais, les entreprises ont besoin de visibilité, d’écoute et d’accompagnement pour anticiper, investir, se transformer et répondre aux enjeux de décarbonation et de compétitivité.

      Ancrée dans les territoires, ADI Nouvelle-Aquitaine agit comme facilitateur, catalyseur et accélérateur, en favorisant l’émergence et la mise en œuvre de solutions opérationnelles conjuguant innovation, durabilité et coopération. En 2025, cet engagement s’est traduit par des résultats concrets : plus de 500 accompagnements d’entreprises, près de 50 projets d’implantation confirmés et plus de 100 événements organisés.

      L’année 2026 marque un tournant avec une nouvelle feuille de route 2026-2028 et un cap stratégique renouvelé : la redirection de l’économie par l’innovation. Cette ambition vise à transformer les systèmes économiques pour les aligner avec les enjeux environnementaux et climatiques. Elle se traduit notamment par deux priorités structurantes : l’économie circulaire et la décarbonation.

      Retenir l’industrie circulaire comme thème central de cette Assemblée Générale en constitue une illustration concrète.

      Christian Houel

      , Président du Directoire d’ADI Nouvelle-Aquitaine

    • Alain Rousset

      Le nouveau contexte géopolitique impose à l’Europe de ne pas rater les grands virages technologiques à venir, afin de préserver notre souveraineté dans les secteurs stratégiques. Plus que jamais, il faut voir un pont plus long pour limiter notre dépendance sur les médicaments, l’électronique, les terres rares, les panneaux solaires, les batteries… C’est pourquoi, la Région place l’innovation au cœur de sa politique économique et soutient des projets d’économie circulaire. Je suis très heureux que ADI ait inscrit l’industrie circulaire au cœur de son Assemblée Générale, et très intéressé par les témoignages des experts et des chefs d’entreprises.

      Alain Rousset

      , Président de la Région Nouvelle-Aquitaine

    • Vincent Bost

      Face à ces enjeux, nous avons souhaité organiser une table ronde consacrée à l’industrie circulaire, qui s’inscrit pleinement dans la dynamique de notre programme Économie Circulaire. Axe majeur de notre cap stratégique 2026-2028, il vise à placer l’économie circulaire au cœur de la création de valeur, de l’innovation et de la transformation industrielle régionale. La démarche repose sur un pilotage en mode portefeuille de projets, favorisant la transversalité interne, la montée en compétences collective et la consolidation d’une offre d’accompagnement lisible pour les entreprises.

      Vincent Bost

      , Ddirecteur général d’ADI Nouvelle-Aquitaine

      Rapport d'activité ADI 2025

      ADI en 2025

      Le rapport d’activité 2025 d’ADI offre une plongée concrète au cœur des transformations économiques, territoriales et sectorielles en Nouvelle-Aquitaine. Structurée autour des trois axes stratégiques de l’Agence, cette édition met en lumière, à travers de nombreux témoignages d’entreprises et de partenaires, la richesse des actions menées sur le terrain. De la décarbonation à l’innovation sociale, en passant par l’attractivité, les levées de fonds ou les achats responsables, découvrez un panorama complet et inspirant des initiatives qui façonnent les dynamiques régionales — à explorer en détail en téléchargeant le rapport.

      L'industrie circulaire, un levier de transformation pour les entreprises régionales

      Face aux tensions sur les ressources et à la pression sur les chaînes d’approvisionnement, l’industrie circulaire s’impose comme un levier stratégique pour les entreprises régionales.

      L’industrie circulaire désigne l’intégration des principes de l’économie circulaire au cœur même des systèmes productifs. Concrètement, elle vise à optimiser l’usage des ressources tout au long du cycle industriel, en agissant sur la conception des produits, les procédés de fabrication, les flux de matières et les modèles économiques. Elle repose notamment sur :

      • l’éco-conception des produits et procédés ;
      • l’intégration de matières recyclées ou biosourcées ;
      • la prolongation de la durée de vie (réemploi, réparation, reconditionnement) ;
      • la valorisation des déchets comme ressources (boucles fermées ou ouvertes) ;
      • la transformation des modèles d’affaires (économie de la fonctionnalité, services associés).

      À la différence d’une approche centrée sur l’analyse du cycle de vie et la fin de vie d’un bien ou d’un service, l’industrie circulaire implique une transformation systémique des chaînes de valeur industrielles.

      Aujourd’hui, moins de 20 % des matières utilisées en France proviennent du recyclage (source : ADEME). Ce chiffre à lui seul illustre le potentiel encore largement inexploité de l’industrie circulaire.

      Une région à forte identité industrielle

      La Nouvelle-Aquitaine dispose d’un socle particulièrement favorable au développement de l’industrie circulaire, en raison de la diversité et de l’ancrage territorial de son tissu industriel :

      • près de 30 000 établissements industriels ;
      • environ 300 000 emplois dans l’industrie (source : INSEE, données régionales).

      Ce tissu est majoritairement composé de PME et d’ETI, souvent intégrées dans des chaînes de valeur complexes et fortement interdépendantes.

      Plusieurs filières régionales structurantes sont directement concernées par les enjeux de circularité :

      • l’aéronautique et le spatial, où les exigences en matière de traçabilité, de performance et de maîtrise des ressources sont particulièrement élevées ;
      • le bois et les matériaux biosourcés, qui offrent un terrain propice au développement de modèles fondés sur la valorisation locale des ressources ;
      • l’agroalimentaire, premier secteur industriel régional en lien avec le poids de l’agriculture, qui est au cœur des enjeux de réduction des pertes et de valorisation des coproduits
      Gregory Richa
      Gregory Richa © Sébastien Sindeu / ADI

      3 questions à… Grégory Richa

      Fondateur du cabinet VERTICAL, Grégory Richa est un expert reconnu de la structuration de chaînes de valeur circulaires. Depuis 2020, il accompagne des industriels (PME, ETI et grands groupes) qui souhaitent passer de l’intention stratégique à l’implémentation concrète de modèles circulaires.

      Co-auteur de l’ouvrage « Pivoter vers une industrie circulaire », il défend une approche lucide, fondée sur des retours d’expérience réels, loin des discours technicistes ou incantatoires. En 2026, il engage la création de Vertical Equity, un  fonds de capital-risque dédié aux start-up industrielles circulaires, illustrant le lien stratégique entre transformation des modèles industriels, innovation et financement.

      On connaît déjà assez bien l’économie circulaire. Quelles sont les spécificités de l’industrie circulaire ?

      Grégory Richa. À la différence de l’économie circulaire tous secteurs confondus, qui inclut aussi bien la gestion des déchets, la consommation responsable ou la réparation, l’industrie circulaire renvoie à des transformations de procédés productufs, de chaînes de valeur et de modèles industriels existants, souvent disséminées au cœur de filières traditionnelles.

      Il y a 5-10 ans, l’économie circulaire, c’était l’ESS (économie sociale et solidaire) et le recyclage. L’industrie circulaire, c’est placer la circularité au cœur de toutes les entreprises industrielles et faire en sorte qu’elle ne reste pas à la marge de l’économie. Ce sujet est devenu majeur car il répond à une  évolution de ce qui est demandé aux équipes dirigeantes et aux managers.

      C’est devenu aujourd’hui un enjeu de transformation stratégique qui permet de faire face à une exposition accrue aux risques (tensions sur les ressources, dépendances aux fournisseurs, volatilité des coûts), à une concurrence féroce des produits chinois sur le marché européen, à une pression réglementaire et réputationnelle, et à une attente plus marquée des clients et des donneurs d’ordre.

      Pour passer à l’acte, quatre grands modèles d’économie circulaire peuvent s’appliquer plus spécifiquement à l’industrie :

      • le manufactoring circulaire, avec l’allongement de la durée d’utilisation des produits et des composants industriels par les marchés ;
      • la régénération des sols et des écosystèmes, en particulier pour les industries agro-alimentaires ;
      • l’upcycling, pour créer de la valeur à patir de déchets industriels ;
      • l’efficacité des ressources, avec la mise en place de nouvelles infrastructures, la recherche de sobriété et l’utilisation de bioénergies.

      Quels sont les principaux leviers à activer ?

      Grégory Richa. Les leviers sont aujourd’hui bien identifiés, mais leur mise en œuvre suppose une approche très opérationnelle.

      Premier levier : prendre conscience que l’entreprise ne pourra plus fonctionner et/ou opérer sans adopter un modèle circulaire fort. Dans le contexte de permacrise actuel, optimiser ne suffit plus. Il faut sécuriser les fins de mois et les fins d’année, mais aussi réinventer les modèles économiques et d’approvisionnement pour continuer de se développer dans la durée.

      Deuxième levier : tester les premières offres circulaires avec des clients et les équipes, en mettant en place de premières opérations, de la collecte à la recréation de valeur sur les produits et les composants, dans les ateliers. Il est possible en 12 à 18 mois d’amorcer des modèles économiques circulaires, directement avec de premiers clients. C’est ce qu’il faut viser et c’est comme cela que l’entreprise peut réellement découvrir et réaliser son potentiel, en marchant.

      Troisième levier : travailler en coopération. C’est une nécessité car créer des chaînes de valeur circulaires, allant de la collecte à la revente en passant par la revalorisation des produits ou des matières, ne peut pas se faire tout seul.

      Quels sont les atouts des industriels de Nouvelle-Aquitaine pour passer à l’industrie circulaire ?

      Grégory Richa. La Nouvelle-Aquitaine dispose tout d’abord d’un tissu industriel réellement diversifié, avec des filières structurées qui favorisent les logiques de coopération et de boucles locales. Ensuite, je citerai votre forte culture d’innovation, portée à la fois par les entreprises, les centres de recherche et les acteurs publics. Cela facilite l’expérimentation et le passage à l’échelle de nouvelles solutions industrielles.

      La Nouvelle-Aquitaine bénéficie également d’une richesse en ressources naturelles (bois, biomasse, agriculture), qui constitue un socle favorable au développement de matériaux alternatifs et de modèles circulaires.

      S’y ajoute un écosystème d’accompagnement particulièrement actif, avec des structures comme ADI Nouvelle-Aquitaine, qui jouent un rôle d’interface entre entreprises, financeurs et partenaires techniques. Cela permet d’accélérer concrètement les projets et de réduire les freins à la transformation.

      Enfin, la Nouvelle-Aquitaine jouit d’une forte culture entrepreneuriale, ancrée dans les territoires, avec des dirigeants, des élus et des services engagés. C’est l’ingrédient clé pour amorcer une belle transformation à l’échelle de la Région !

      Entreprises régionales en action : retours d’expérience

      Quatre entreprises régionales partagent leurs retours d’expérience en ma5ère d’industrie circulaire lors d’une table ronde animée par Antoine Chotard, responsable du Labo d’idées à ADI.

      • Elisabeth Jolly - Legrand

        Ingénieure matériaux de formation, je suis arrivée à la RSE en travaillant sur les achats responsables. LEGRAND est en effet très engagé sur les sujets RSE depuis plus de vingt ans. Cela s’est traduit dès 2006 par la signature du Pacte Mondial de l’ONU, puis par l’adoption de feuilles de route RSE de plus en plus ambitieuses, notamment sur l’économie circulaire.
        La mise en œuvre de notre démarche d’économie circulaire repose sur une démarche multi-acteurs. Dans nos services et usines tout d’abord, avec l’idée que chacun y contribue en exerçant son métier. Dans l’identification et la collecte des gisements de produits, par exemple issus de chantiers de déconstruction, qui doit s’inscrire dans le temps. Dans la relation clients, pour expliquer et rendre acceptable la fourniture d’équipements reconditionnés. Et enfin dans la mise en œuvre de coalitions et de coopérations avec d’autres industriels et partenaires. C’est clairement un levier de cohérence entre stratégie industrielle, exigence clients et responsabilité sociétale.

        Elisabeth Jolly

        , responsable RSE de LEGRAND France (87)

      • Marc Péna - Péna

        Passionné de botanique, agronome de formation, j’ai toujours été sensible aux conséquences des activités humaines sur l’environnement. Cette conviction m’a guidé très naturellement lorsque je me suis engagé dans l’entreprise familiale qui était spécialisée dans le recyclage des métaux. Nous avons élargi nos activités, et nous nous situons aujourd’hui dans un rôle d’interface entre gestion des déchets, industrie, transition énergétique et développement local.
        J’ai la conviction que l’économie circulaire oblige les entreprises à repenser leurs responsabilités au-delà de la production, en intégrant les usages, les flux de matière et la relation au territoire.

        Marc Péna

        , Président Directeur Général du Groupe Péna (40)

      • Éric Seinturier - SAFRAN Helicopter Engines

        Notre activité repose sur des chaînes d’approvisionnement complexes et sur des exigences extrêmes en matière de qualité, de traçabilité et de fiabilité. La circularité est un enjeu de réduction de nos impacts environnementaux, de robustesse de nos chaînes d’approvisionnement et de souveraineté. Elle constitue une réponse à la maîtrise de nos risques et nécessite d’embarquer largement les différents processus de l’entreprise (innovation, développement, fabrication, soutien de nos produits...) et l’ensemble de nos fournisseurs.
        Concrètement, nous avons commencé à aborder ce sujet en travaillant sur la réduction de nos émissions de CO2. Cela nous a conduit à nous interroger sur les émissions générées par nos opérations industrielles, sur les émissions d’usage de nos produits et sur les émissions générées par nos fournisseurs. Les impacts liés aux matières que nous utilisons ont été identifiés comme un contributeur majeur de notre empreinte environnementale.
        Cette mise en mouvement nous a permis de définir les actions prioritaires à mettre en oeuvre. Elles sont de deux ordres : le recyclage de nos copeaux d’usinage avec une approche dite d’upcycling ; la définition de référentiels pour orienter nos décisions opérationnelles en conception et fabrication. Pour ce deuxième point, nous avons créé une chaire industrielle avec l’Université de Pau et des Pays de l’Adour soutenue par l’Agence Nationale de la Recherche.

      • Olivier Civil - Plaxtil / Essaimons

        Venant du monde de l’industrie, la création de Plaxtil et d’Essaimons résulte d’une prise de conscience et de la volonté d’agir concrètement pour réduire l’impact environnemental des activités économiques. Le secteur de la mode et du textile est rapidement apparu comme l’un des secteurs sur lesquels il était urgent de lancer des initiatives.
        Dès l’origine, nous avons placé la circularité dans l’ADN de notre modèle économique. Nous revendiquons ainsi une approche radicalement différente, avec une activité qui repose sur la valorisation de matières et sur des logiques de coopération industrielle et territoriale. Nous commençons toujours par proposer à nos clients des preuves de concept, puis nous travaillons avec eux sur la phase d’industrialisation pour engager des petites séries avant de lancer les grandes séries.
        Soucieux d’associer impact environnemental et impact social, notre positionnement est souvent décrit comme le maillon manquant entre la collecte issue de l’économie sociale et solidaire et les recycleurs industriels. Pour le résumer d’un mot : sans matière bien préparée par des équipes formées et respectées, il n’y a pas de recyclage de qualité.

        Consulter le replay de l'AG et de la table ronde